Festival Grande Marée 2016 – du 18 novembre au 2 décembre

Du 18 novembre au 2 décembre 2016, Grande Marée revient sur Brest et le Pays de Brest pour sa 18e édition.

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Avec : Michèle Nguyen / Adèle Zouane / Bernadète Bidaude / Nadine Walsh / Gigi Bigot / Hervé Thiry-Duval / Rachid Akbal / Myriam Pellicane / Didier Kowarsky / Lamine Diagne / Colette Migné / Mike Burns / Florence Desnouveaux / Fiona Macleod / la Compagnie mO3


Il était une fois la 18e édition du festival du conte. Comme un point de départ, un murmure dans les rues et les chemins. Une nouvelle édition pour retrouver la saveur des soirées contées, l’éveil des curiosités et le plaisir de la découverte. 18 ans. À mi-chemin entre deux mondes, les mots se diffusent, infusent, s’envolent et créent les images, le monde, un monde, plusieurs. Ces hommes et ces femmes qui nous parlent, parlent sans détours, avec passion. Ils parlent d’eux, de leur héritage, de leurs utopies, de leurs douleurs comme de leurs espoirs et de leurs colères. Ils parlent de nous, de notre diversité.

Au détour d’un conte merveilleux, on croise une fée, les contes d’une grand-mère… Une histoire qui s’est passée pendant la guerre. Résistance. On apprivoise les accents, on voyage dans des contrées lointaines. On s’affranchit des limites et on partage les histoires et les récits, la musique, le goût des mots.

On rallume les feux de cheminée, on réchauffe les humanités. On découvre ensemble des récits pleins d’émotions, de rires, de révolte. On découvre et savoure des cultures enrichies d’Ailleurs pour partager simplement quelques histoires, ensemble, en toute humilité.

Les mots blancs glissant dans la brume semblaient un vol de goélands. Il souffle dans l’air comme un vent de rébellion…

Atelier d’initiation à l’art du conte

Le conteur et ses interdits : travail sur la limite
avec Myriam Pellicane

Mardi 29 novembre – de 9h00 à 12h30

Débutants – tous niveaux

Tarif : 23 € / personne

Lieu : Centre Social de Pen ar Créac’h – 13 rue du Professeur Chrétien – 29200 BREST

Par la mise en mouvement du corps et la voix, ce stage propose un travail sur l’attention.
Une découverte de la voix dans tous ses états, pour se préparer à mettre en jeu des histoires et jouer à se surprendre avec le « abracadabra » de la parole en adresse directe, comme des enfants lucides, un jeu sans importance auquel on jouerait sérieusement.

Au travers de jeux, d’exercices et de mises en situation, Myriam Pellicane vous propose de lâcher prise pour se découvrir et s’entendre autrement.

Une façon amusante d’ouvrir la porte du conte, mais aussi de progresser dans son cheminement de conteur. Pas besoin d’être un expert, cet atelier est ouvert à tous !

À prévoir : venir avec des vêtements souples.

Programme non exhaustif donné à titre indicatif. Le contenu évoluera avec le groupe sur le moment.


À propos de Myriam Pellicane (compagnie Izidoria)

Petite, Myriam Pellicane est algérienne. Son terrain de jeu favori : les maisons bombardées, les ports engloutis, les cimetières, le Far-West du Hoggar, les Fantazias. Ses partenaires : une armée de gosses et toutes les bêtes sauvages. Adolescente, elle devient française. Son terrain de jeu favori : la ville, les lieux interdits, les Sex Pistols, la boxe thaïe, la scène. Ses partenaires : une bande de punks, quelques singuliers, des aristos, des goths, des magiciens de tous poils, des exclus. Aujourd’hui, Myriam Pellicane, au gré des rencontres, cherche ce qui pourrait s’appeler aujourd’hui le geste d’une conteuse. Goulue d’anthropologie sorcière et de mythes, performeuse de la parole, elle assemble dans son jeu danse et geste vocal, rites sauvages ou sacrés, dinguerie et maîtrise pour revisiter le conte merveilleux en mêlant l’humour décalé et le frisson du fantastique.

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La compagnie Izidoria c’est aussi des créations atypiques, des projets novateurs qui témoignent des émergences et des courants populaires. Izidoria est un collectif d’artistes pluridiciplinaires, des solitudes qui s’assemblent pour un projet commun : débusquer les mythes anciens contenus dans les cultures urbaines et les rêves secrets de la jeunesse, glaner la poésie, les sons, les manières, les gestes, les énergies, les vibrations, pour inventer des espaces de rencontre, transmettre, questionner, s’étonner.


Détails et inscriptions : 02 98 33 27 39 ou contact@adao.net

Accessibilité

L’un des objectifs du festival Grande Marée est d’être accessible au plus grand nombre et d’apporter un confort maximum pour tous au cours des spectacles. Ainsi vous trouverez ici les informations concernant les salles équipées de boucles magnétiques et les spectacles facilement accessibles en tramway.


Venir en tram

  • Michèle Nguyen – Vy // Vendredi 18 novembre – 20h30 – Mac Orlan
    Arrêt : Mac Orlan
  • Rachid Akbal – Ma mère l’Algérie // Samedi 19 novembre – 18h30 – MPT du Valy Hir
    Arrêt : Vali hir
  • Loïg Pujol – Les Oiseaux du Paradis // Dimanche 20 novembre – 18h30 – Musée de la Marine
    Arrêt : Château
  • Myriam Pellicane – Les kilos du moineau // Mercredi 23 novembre – 15h00 – CSC Horizons
    Arrêt : Europe
  • Myriam Pellicane & Didier Kowarsky – Une vieille Licorne // Jeudi 24 novembre – 18h30 – Médiathèque de l’Europe
    Arrêt : Europe
  • Hervé Thiry-Duval – Conteur de fées // Dimanche 27 novembre – 16h00 – CS de Pen Ar Créac’h
    Arrêt : Menez Paul ou Place de Strasbourg
  • Mike Burns – Ma tristesse sur la mer // Dimanche 27 novembre – 18h30 – Musée de la Marine
    Arrêt : Château
  • Fiona Macleod – Contes de la mer et d’Écosse // Mardi 29 novembre – 18h30 – Musée de la Marine
    Arrêt : Château
  • Myriam Pellicane – Vagabonde // Mercredi 30 novembre – 18h30 – Médiathèque de Saint-Martin
    Arrêt : Saint-Martin

Salles équipées de boucles magnétiques

  • Michèle Nguyen – Vy // Vendredi 18 novembre – 20h30
    Mac Orlan (Brest)
  • Lamine Diagne – Les aventures de Slim // Vendredi 25 novembre – 20h30
    Espace Roz Valan (Bohars)
  • Colette Migné – Ça crac crac dans le jardin // Vendredi 25 novembre – 20h30
    Espace Armorica (Plouguerneau)
  • Colette Migné – Elle est fatiguée Pioupiou // Samedi 26 novembre – 16h00
    Le Champ de Foire (Plabennec)
  • Adèle Zouane – À mes amours // Jeudi 1er décembre – 19h30
    La Maison du Théâtre (Brest)
  • Nadine Walsh – Femmes pirates ou crise de foi(e) // Jeudi 1er décembre – 20h30
    Le Family (Landerneau)
  • Adèle Zouane – À mes amours // Vendredi 2 décembre – 20h30
    La Maison du Théâtre (Brest)

Pour une meilleure lisibilité du programme

Télécharger ici le programme en gros caractères.

Où voir qui ?

Cliquez sur chaque nom pour accéder au calendrier correspondant.

Rachid Akbal

  • Samedi 19 novembre – 18H30 // MPT du Valy Hir (Brest)
  • Dimanche 20 novembre – 16H30 // CSC Jean Jacolot (Le Relecq-Kerhuon)
  • Mercredi 23 novembre – 15H30 // Médiathèque Awena (Guipavas)
  • Vendredi 25 novembre – 20H00 // CSC Les Amarres (Brest)

Hervé Thiry-Duval

  • Dimanche 20 novembre – 17H00 // Maison de l’enfance (Milizac)
  • Mercredi 23 novembre – 18H30 // Médiathèque de la Cavale Blanche (Brest)
  • Vendredi 25 novembre – 18H30 // Médiathèque de Lambézellec (Brest)
  • Samedi 26 novembre – 18H00 // Agora (Guilers)
  • Dimanche 27 novembre – 16H00 // CS de Pen Ar Créac’h (Brest)

Myriam Pellicane

  • Mercredi 23 novembre – 15H00 // CSC Horizons (Brest)
  • Jeudi 24 novembre – 18H30 // Médiathèque de l’Europe (Brest) – en duo avec Didier Kowarsky
  • Samedi 26 novembre – 17H00 // Centre Culturel François Mitterrand (Plouzané)
  • Dimanche 27 novembre – 11H00 // MPT du Guelmeur (Brest)
  • Mardi 29 novembre – 18H30 // Espace Keraudy (Plougonvelin)
  • Mercredi 30 novembre – 18H30 // Médiathèque Saint-Martin (Brest)

Mike Burns

  • Jeudi 24 novembre – 18H30 // Médiathèque des Quatre Moulins (Brest)
  • Vendredi 25 novembre – 20H30 // Médiathèque Anjela Duval (Plougastel-Daoulas)
  • Dimanche 27 novembre – 18H30 // Musée national de la Marine (Brest)

Lamine Diagne

  • Vendredi 25 novembre – 20H30 // Espace Roz Valan (Bohars)
  • Samedi 26 novembre – 11H00 // Médiathèque Le Vilaren (Lesneven)
  • Dimanche 27 novembre – 17H00 // ALSH Les petits meuniers (Gouesnou)
  • Mercredi 30 novembre – 15H00 // Maison de quartier de Lambézellec (Brest)

Colette Migné

  • Vendredi 25 novembre – 20H30 // Espace Armorica (Plouguerneau)
  • Samedi 26 novembre – 16H00 // Le Champs de Foire (Plabennec)
  • Dimanche 27 novembre – 17H00 // Médiathèque (Plouarzel)
  • Mardi 29 novembre – 18H45 // Médiathèque de Saint-Marc (Brest)

Et téléchargez ici le calendrier dans son intégralité.

Des femmes oui, et des pirates !

Anne Bonny et Mary Read

À 13 ans, Anne Cormac poignarde sa domestique et s’enfuit de chez son père, vêtue comme un garçon. Cinq ans plus tard on la retrouve écumant les tavernes et passant d’un marin à un autre avant d’épouser James Bonny, pirate de petite envergure, avec lequel elle part pour New Providence. C’est là qu’elle rencontre le capitaine Jack Rackham, dit Calicot Jack, célèbre pirate sous les ordres duquel elle s’enrôle. Anne deviendra sa maîtresse et, abordages après pillages, une redoutable pirate.

Mary Read, que sa mère habille en garçon depuis la mort de son grand frère Willy, s’engage dans la marine anglaise. Mais sur la route pour les Bahamas, le navire subit une attaque de pirates ; Mary Read s’enrôle à leur bord et c’est en pirate qu’elle débarque à New Providence. C’est sur cette île que se rencontrent les deux femmes ; très rapidement, Mary est engagée sur le navire du capitaine Rackham et entretient une relation privilégiée avec Anne Bonny.

Anne Bonny et Mary Read participent aux abordages et aux pillages comme tous les hommes, plus féroces et déterminées que beaucoup ; leur renommée les précède et elles se retrouvent dans la ligne de mire des forces navales anglaises. À leur tête, le capitaine Barnet a ordre de les capturer ; elles doivent être jugées pour actes de piraterie. En octobre 1720 la chasse prend fin, donnant une fois encore l’occasion aux deux femmes de se montrer aussi courageuses qu’impitoyables. L’équipage, saoul, ne montre pas de réelle résistance lors de l’arrestation et les deux femmes, écœurées de leur couardise, en tuent plusieurs et en blessent d’autres, dont le capitaine Rackham, avant de ferrailler seules contre les troupes pendant plus d’une heure, et de finalement rendre les armes.

Jugées en novembre et condamnées à mort, elles évitent la pendaison en prétendant être enceintes ; leur peine est alors commuée en emprisonnement à perpétuité. Mais quelques mois plus tard, en avril 1721, Mary Read meurt ; terrassée par la fièvre jaune d’après certains récits, d’une fausse couche pour d’autres. Ce qu’il advint d’Anne Bonny en revanche, reste flou. Elle fut graciée la veille de Noël et disparut ensuite de tous documents officiels jusqu’à sa mort en 1782. On dit que son père aurait payé une rançon et lui aurait donné la possibilité de recommencer sa vie grâce à un nouveau mariage. On dit aussi qu’elle serait partie rejoindre son premier mari, pirate devenu informateur pour la marine anglaise. Personne ne le sait. Mais ce qu’on dit aussi, c’est qu’avant de disparaître elle rendit une ultime visite au capitaine Calicot Jack Rackham dans sa cellule : « Je regrette de vous voir dans un tel état, mais si vous vous étiez battu comme un homme, vous n’auriez pas à mourir comme un chien. »


À voir : Femmes pirates ou crise de foi(e), de Nadine Walsh
Le jeudi 1er décembre au Family à Landerneau
Réservations : 02 98 85 76 00 – Tarif : 5 € – Ados, adultes, à partir de 14 ans


Une version plus complète de la vie d’Anne Bonny et Mary Read est disponible en téléchargement ici.

Ouverture du festival – vendredi 18 novembre

VY de Michèle Nguyen

Vy 1 Credit Daniel Estades

Molière du « Meilleur spectacle jeune public 2011 »

« Réécrivant mon enfance
je recouds mot à mot mes ailes
la lumière coule à nouveau dans mes veines. »

Vy, en vietnamien, désigne ce qui est minuscule. Michèle Nguyen nous conte ici l’histoire de Vy, une petite fille exilée loin du Viêt Nam. Timide et maladroite, elle rêve de devenir danseuse.

Michèle Nguyen ouvre grand le livre du passé et interprète, on ne peut plus librement, son enfance bercée par la féroce présence de sa grand-mère. Elle nous parle de sa maladresse, de son besoin de silence, de sa passion des mots, de son secret amour qui la mènera vers ses origines. Vers la paix aussi.

Une marionnette l’accompagne silencieusement dans ce voyage souterrain. Elle est tout autant la fragilité de l’enfance qu’un rien pourrait casser que le vieil enfant qui résiste en nous, tyrannise et tire les ficelles pour ne pas grandir.

« Un conte sur l’enfance à vous faire pousser des ‎ailes. »
(Françoise Sabatier-Morel – Télérama)

 Tout public – à partir de 9 ans / 1h10

Vendredi 18 novembre à 20h30 / Le Mac Orlan
Tarif : 8 € (5 € pour les moins de 12 ans)

Réservations : contact@adao.net / 02 98 33 27 39


Réservation en ligne

 


Pour les curieux, un extrait du spectacle :

Et même la rencontre avec la marionnette :

Un après-midi au château – Pommes, contes et cheminée…

Une allée d’arbres, puis deux. Une première porte ; la cour pavée. Un escalier, deux autres portes et voilà que le château se révèle à la douce chaleur d’un feu de cheminée… Pour cet après-midi dédié à l’imaginaire, voici deux spectacles spécialement sélectionnés pour entrer en résonance avec ce lieu magique. On souffle sur les braises et les histoires se réveillent…

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Cie mO3 – Pierre Jallot et Guillaume Handel

À chacun sa pomme…

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Conte gestuel et jonglé / Flûte traversière et électronique

La marâtre de Blanche-Neige déguisée en vieille dame, s’apprête à rejoindre la maison des sept nains. Son panier est rempli de pommes… Mais que manigance-t-elle ? Un imprévu arrive, l’entraînant malgré elle à vivre un scénario qu’elle n’avait pas du tout imaginé…


Fiona Macleod

La forêt enchantée* Contes merveilleux

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C’est au cœur des forêts que l’on découvre les châteaux des contes de fées, mais méfions-nous des apparences… Les arbres sont-ils vraiment nos alliés ? Qu’en est-il des monstres tapis dans leur tanière et qui surgissent sans crier gare ? Quand la nuit commence à tomber, quand l’hiver approche, quand le mois noir arrive, alors vient le moment d’emprunter le chemin des contes, d’oser les rencontres surnaturelles et d’explorer ces châteaux étranges dont les vieilles pierres recèlent bien des secrets.

Tout public • À partir de 7 ans

Samedi 19 novembre à 15h30 / Château de Kergroadez (Brélès)
Tarif : 4 € / 7 €
Réservations : 02 98 32 43 93
ou soisic@kergroadez.fr

Les conteurs et leurs spectacles – Grande Marée 2016 – 18 novembre au 2 décembre

Rachid Akbal

ma mère l'algérie©régine Abadia

Sa parole, dénuée d’artifices, précise et sincère, dessine parfaitement les contours de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus lumineux comme dans ses zones d’ombre. Humaniste avant tout, son parcours dresse le portrait d’un homme libre et engagé, comme une promesse que la parole reste vive.

Ma mère l’Algérie

Hommage à la terre mère… Avec ce spectacle j’aimerais que le spectateur ressente l’Algérie. Pour ma mère, sa terre natale n’était que poésie : c’était la neige et les oranges dans la neige, c’était les vergers en fleurs, c’était les durs travaux des champs… Cette mère représente aussi toutes les mères de l’immigration : elles sont le courage et l’amour, porteuses en grande partie de la mémoire.

Ma mère l’Algérie est un hommage aux femmes, aux mères et aux histoires inlassablement transmises. Kaci, l’enfant-héros, guide le public dans l’imaginaire bouillonnant d’un conte populaire kabyle auquel se mêle la dure réalité de sa vie d’enfant immigré. Comme un jeu de poupées russes, ses souvenirs s’emboîtent et l’histoire se tisse avec légèreté pour dire les bonheurs et les trahisons. Un récit aussi réjouissant que bouleversant.

Tout public / à partir de 8 ans / 1h20

Samedi 19 nov. – 18h30 – MPT du Valy Hir (Brest) // 02 98 45 10 95 – 5 €

Retour à Ithaque

Spectacle-repas

Après vingt ans d’absence, Ulysse rentre chez lui. Pour l’accueillir dans sa maison, il y a vous, le public ! Dans cette version cabaret, devenez protagonistes et complices du conteur, tour à tour prétendants, Télémaque ou Pénélope. Laissez-vous embarquer pour fabriquer un spectacle atypique, drôle et tendre dans lequel Rachid Akbal dresse le portrait d’un héros ramené à sa condition de simple mortel et pose sur lui un regard féroce, drôle ou décalé, avec toute la tendresse qu’on lui connaît. Une épopée extraordinaire.

Tout public / à partir de 10 ans / 1h00

Vendredi 25 nov. – 20h00 – CSC Les Amarres (Brest) // 02 98 03 60 13 – 5 €

Contes cruels du Djurdjura

Des histoires de monstres venues de Kabylie. C’est cruel… mais c’est aussi très drôle ! Des animaux fabuleux qui peuplent les montagnes aux ogres cannibales mais simples d’esprit, les héros devront s’armer de courage pour lutter contre une mythologie kabyle méconnue.

Jeune public, familial / à partir de 6 ans / 50 min

Mercredi 23 nov. – 15h30 – Méd. L’Awena (Guipavas) // 02 98 84 87 14 – offert

L’épopée des trois fils de l’Amelohal Mustapha

À travers le désert et la savane, suivons les tribulations comiques et poétiques de trois jeunes hommes en quête du rachat de l’âme de leur père. Une pléthore de personnages, des paysages grandioses, une fable sur le bonheur tissent la toile de fond de cette histoire. Une épopée fantastique, jouée sur un rythme effréné où le public, plus que complice, fait partie intégrante de l’histoire. Un message de paix et d’amour universel.

Tout public / à partir de 6 ans / 55 min

Dimanche 20 nov. – 16h30 – CSC Jean Jacolot (Le Relecq-Kerhuon) // 02 98 28 05 49 – offert

Et voici deux portraits de ce conteur à la voix envoûtante :


Lamine Diagne

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Conteur et multi-instrumentiste, le conte, la musique ainsi que des formes d’oralités plus urbaines, telles que le slam ou le spoken word, signent son univers poétique.

Les aventures de Slim « Histoires marseillaises »

Entre le travail à la FNAC et les matins difficiles, la vie de Slim ressemble à une bande dessinée, son quotidien vallonné d’anecdotes à peine croyables. Lamine déjoue les frontières entre réalité et fiction, conte traditionnel, improvisation et récit de vie contemporain. Se dessine une ambiance drôle, inquiétante, onirique ou ordinaire. Les mots et les sons s’entremêlent pour donner corps aux aventures de Slim dans un univers proprement marseillais, fantasque et fantastique parfois, drolatique toujours …

Familial / à partir de 7 ans / 1h15

Vendredi 25 nov. – 20h30 – Esp. Roz Valan (Bohars) // 06 76 45 71 97 – 3 €

Sous l’arbre à palabres

Quand la nuit tombe, le conteur s’adosse contre le tronc de l’Arbre à palabres, il se racle la gorge et les plus jeunes accourent. L’Arbre les emporte loin, bien loin du raisonnable, du rationnel, et toutes ses histoires deviennent vraies ! Accompagné par le chant et la Kora du griot, Lamine Diagne nous invite au voyage.

Familial, jeune public / à partir de 5 ans / 45 min

Samedi 26 nov. – 11h00 – Méd. Le Vilaren (Lesneven) // 02 98 21 12 47 – 1.90 €

En avant les rêves

Il nous parle de son enfance, de sa rencontre avec la musique. À l’affût de ses récits fantastiques, le voilà qui distille des mélodies métissées où l’improvisation affleure à chaque instant. La musique infuse jusqu’au cœur des histoires, qui abordent en filigrane les questions de l’apprentissage instrumental ou du métier de musicien. Lamine s’y révèle maître dans l’art de brouiller les frontières entre songe et réalité, et lorsque lui-même glisse des mots aux notes de flûte ou de doudouk, l’envoûtement est complet.

Jeune public, familial / à partir de 6 ans / 50 min

Dimanche 27 nov. – 17h00 – ALSH Les petits meuniers (Gouesnou) // 02 98 37 96 05 – 2/3 €
Mercredi 30 nov. – 15h00 – MDQ de Lambézellec (Brest) // 02 98 01 18 13 – 1/3/5 €


Hervé Thiry-Duval

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Conteur et Fééricologue né en Comté, il est l’auteur de plusieurs livres traitant des êtres fabuleux. La féérie éclaire tout son parcours et ses histoires sont ponctuées d’humour et montrent les fées sous un nouveau jour.

Fées d’hiver

Pendant cette période magique qu’est l’hiver, le merveilleux s’invite partout et un conteur peut venir vous conter d’étranges aventures… une petite fille qui devient l’amie d’une fée-dragon, la Dryade du Chêne qui réalise vos souhaits ou encore la Tante Arie qui vous transforme en cailloux si vous ne croyez pas aux fées…

Jeune public, familial / à partir de 5 ans / 45 min

Dimanche 20 nov. – 17h00 – Maison de l’enfance (Milizac) // 02 98 07 90 31 – offert

Conteur de fées

Des fées, rien que des fées. Des histoires de fées, de vraies fées ! Des fées rustiques, un peu sauvages, des fées du temps jadis, des histoires revisitées et des histoires d’aujourd’hui. Des fées douces et bienveillantes, mais aussi des fées égareuses ou vénéneuses… Ces êtres magiques et sauvages qui pendant des siècles accompagnèrent l’existence de nos ancêtres.

Tout public, familial / à partir de 7 ans / 1h00

Vendredi 25 nov. – 18h30 – Méd. de Lambézellec (Brest) // 02 98 00 89 40 – offert
Dimanche 27 nov. – 16h00 – CS de Pen Ar Créac’h (Brest) // 02 98 02 18 56 – 5/8 €

Les contes pas si merveilleux

Un florilège d’histoires malicieuses au bon goût d’autrefois relevées d’un zeste d’humour avec des princesses moches. À bien y regarder ces contes dits « merveilleux » se montrent plutôt calamiteux pour les héros de ces histoires. Contes traditionnels revisités, mis au goût du jour. Pas de doute, c’est le ton qui change tout.

Tout public, familial / à partir de 7 ans / 1h15

Mercredi 23 nov. – 18h30 – Méd.e de la Cavale Blanche (Brest) // 02 98 33 58 70 – offert
Sam.=edi 26 nov. – 18h00 – Agora (Guilers) // 02 98 07 44 55 – offert

→ La Fée Miotte, le dernier livre pour enfants de Hervé Thiry-Duval, est sorti aux éditions Le Jardin des Mots (col. Les Gourmands). Un ouvrage illustré par Cyrille Meyer qui répond à la grande question : mais comment naissent les bébés ?

Livre disponible ici, sur le site Le Jardin des Mots


Colette Migné

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Rien de tel qu’une Colette fantaisiste pour vous muscler les abdos ! Son sourire facile, sa gestuelle coquette et sa générosité de conteuse vous emporte du clown aux contes, et facéties osées…

Ça crac crac dans le jardin

Lui, il est tombé à la naissance par le trou de la couche d’ozone. Elle, elle est ronde, laiteuse et callipyge. Un paysage mamelonné à elle toute seule. Histoire des quatre saisons qui s’étirent et s’alanguissent. Douze mois pour rigoler et s’émouvoir. Une histoire poétique qui fait rire, rougir et se tortiller les enfants sur leur chaise. Écrite à double écoute, les adultes pourront sourire à plein de sous-entendus que les enfants ne comprendront pas forcément.

Tout public / à partir de 8 ans / 65 min

Vendredi 25 nov. – 20h30 – Esp. Armorica (Plouguerneau) // 02 98 03 06 34 – 3 €

Petits arrangements sous l’édredon

Au tout début du monde, le carrefour d’entrejambe était vide. Votre ornement, Messieurs, poussait timidement sur un arbre. Quant à notre grotte soyeuse, Mesdames, elle vivait dans la forêt interdite et épouvantait les hommes. Contes pas farouches pour se faire rosir les oreilles de plaisir et de rire.

Ados, adulte / à partir de 14 ans / 1h15

Mardi 29 nov. – 18h45 – Méd. de Saint-Marc (Brest) // 02 98 00 89 80 – offert

Elle est fatiguée Pioupiou

Contes traditionnels

Pioupiou connaît toutes mes histoires. Elle sait pourquoi la grenouille n’a pas de fesses, pourquoi il ne faut pas boire la tasse à la mer. Elle tremble quand je raconte l’histoire du loup que ce n’est même pas vrai. Si tu veux, tu prends Pioupiou entre le pouce et l’index et tu la fais sauter, elle adore ! Et quand Pioupiou est fatiguée, mes histoires sont terminées.

Jeune public / à partir de 5 ans / 45 min

Samedi 26 nov. – 16h00 – Le Champ de Foire (Plabennec)  // 02 98 37 61 58 – offert
Dimanche 27 nov. – 17h00 – Médiathèque (Plouarzel) // 02 98 89 34 94 – offert


Myriam Pellicane

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Goulue d’anthropologie sorcière et de mythes, performeuse de la parole, elle assemble dans son jeu dinguerie et maîtrise pour revisiter le conte merveilleux en mêlant l’humour décalé et le frisson du fantastique. Animale ou démone, Myriam Pellicane est une conteuse qui plait aux grands comme aux petits en passant par les ados, car elle surprend par la grande singularité de sa personnalité et de son répertoire.

Vagabonde

« Et comme ça : tout le monde est mort, merci ! » Voici les derniers mots de la conteuse. Elle les a prononcés avec un malin plaisir ! Cette conteuse-sorcière-gamine-corbeau brave les interdits et nous surprend avec sa délicieuse folie. On ne peut résister à son charme. Elle nous présente des personnages arrogants, naïfs, surréels, avec une légèreté qui lui donne l’air d’avoir 5 ans. Moqueuse, elle sait réveiller notre cœur d’enfant en nous contant des tragédies comme s’il s’agissait d’histoires sans conséquences. Des histoires drôles à conter, même si à la fin, tout le monde meurt !

Ados, adultes / à partir de 12 ans / 50 min

Mercredi 30 nov. – 18h30 – Méd. de Saint-Martin (Brest) // 02 98 34 32 84 – offert

Les kilos du moineau

Récital de contes

La Pellicane raconte des histoires déstabilisantes, décapantes et charmantes. Des histoires courtes et folles, des contes merveilleux qui flanquent la trouille et font du ramdam, héros déboussolés, démons à poils et à plumes… Entre le conte sauvage et la légende urbaine, une parole instantanée et sensible qui voyage entre poésie, tradition et rock’n’roll.

Tout public / à partir de 6/7 ans / 60 min

Mercredi 23 nov. – 15h00 – CSC Horizons (Brest) // 02 98 02 22 00 – 1.50/2 €
Samedi 26 nov. – 17h00 – C. Cult F. Mitterrand ( Plouzané) // 02 98 31 95 45 – offert
Mardi 29 nov. – 18h30 – Esp. Keraudy (Plougonvelin) // 02 98 38 03 83 – offert

 Marche avec !

Les contes merveilleux sont un rituel, un jeu où les rêves et les réactions des enfants font partie de l’ornementation des histoires. Les contes de Myriam Pellicane ont le don de nous embarquer dans un monde fantastique où les gens, les bêtes, les choses nous régalent de leurs coups fourrés, mais aussi de leur drôlerie lucide et poétique sur le monde contemporain. Glanés au cœur de la grande forêt, celle qui flanque la trouille, les contes, réadaptés, réinventés, sont une aventure à vivre maintenant.

Jeune public / à partir de 5 ans / 50 min

Dimanche 27 nov. – 11h00 – MPT du Guelmeur (Brest) // 02 98 44 71 85 – 1/3/5 €


Myriam Pellicane et Didier Kowarsky

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Une vieille Licorne (Paroles sous la lune)

Dans la froide lumière de Notre-Dame la Lune, une Licorne, plus vieille que nos souvenirs, fait vibrer la menace et la promesse. Elle se niche au cœur d’un jeu dangereux, magique : le conte emprunte ici sa dynamique à la poésie, celle qui «n’est pas faite pour décorer un intérieur» (Picasso), mais pour lutter contre le confort, le conformisme et l’ennui. L’animal à deux têtes est fantasque : nul ne sait quelle surprise, quelle déconvenue ou quel secret peut surgir d’un éclat que l’on croyait limpide. L’ombre et la lumière, le silence et le cri, les deux parleurs s’aventurent en contrastes et en coïncidences avec le spectateur, témoin et partenaire de l’action. Deux approches de la réalité, deux manières de danser le monde et de le dévisager… La lune, contes, poésies, mystères, labyrinthes, stupeurs, impertinences, secrets… Histoires à dormir debout, histoires qui tuent…

Ados, adultes / à partir de 12 ans / 2h

Jeudi  24 nov. – 18h30 – Méd. de l’Europe (Brest) // 02 98 00 89 05 – offert


Mike Burns

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Le monde pourrait partir en poussière pendant qu’il raconte il n’en serait que peu affecté. Les yeux fermés, la voix basse mais tranchante, il raconte à la manière des vieux conteurs dans une langue poétique mêlant le français, l’argot anglais et le gaélique. Certains de ses contes sont millénaires et issus de la plus pure tradition orale celtique.

Dans le temps que je vous conte

Pourquoi choisir un conte plutôt qu’un autre alors que l’on peut laisser le moment choisir et le conteur puiser dans son immense répertoire ? Mike Burns connaît plus de contes qu’il n’y a de jours dans l’année. Il aime à raconter comme cela, comme on raconte au pays. Des histoires bouleversantes, racontées dans une langue drue et rugueuse, vive et souple. Des mythes immémoriaux du temps avant le temps où « les oiseaux faisaient leurs nids dans les barbes des vieillards ».  Des histoires de dieux, de héros, de fées… et tellement d’autres encore.

Ados, adultes / à partir de 12 ans / 60 min

Jeudi 24 nov. – 18h30 – Méd. des Quatre Moulins (Brest) // 02 98 33 58 60 – offert

L’eau de la vie

Un soir d’hiver, début des années 1930. Aux États-Unis, la prohibition est toujours de vigueur. Six contrebandiers canadiens tentent de faire passer du whisky, mais ils sont repérés et obligés d’abandonner leur cargaison. Ils se réfugient dans une cabane abandonnée dans les bois pour y passer la nuit et, assis autour du feu, se partagent la seule bouteille qu’ils ont pu sauver. Pour passer le temps, ils racontent tour à tour leurs ancestrales histoires de famille.

Ados, adulte / à partir de 12 ans / 1h15

Vendredi 25 nov. – 20h30 – Méd. Anjela Duval (Plougastel-Daoulas) // 02 98 37 57 51 – offert

Ma tristesse sur la mer

La construction du Canal Rideau, entre Ottawa et Kingston, une hécatombe pour les pauvres ouvriers fuyant famine et répression. Sa creusée par les immigrants fut un travail colossal. Histoires d’exils, de songes espérants, de luttes pour la survie, d’âmes errantes, d’ouvriers migrants, de solitudes. Histoire de solidarité et de peine, de la longue mélopée de la vie commune à tous les déportés du monde. C’est un bout du récit de l’humanité, une de ces histoires que jamais l’Histoire majuscule des nations ne révèle. À la manière d’un Ken Loach, Mike Burns, fait de Ma tristesse sur la mer un blues vibrant, un récit beau et grave.

Ados, adultes / à partir de 12 ans / 1h15

Dimanche 27 nov. – 18h30 – Musée national de la Marine (Brest) // 02 98 37 75 51 – 4.5/8 €


Calendrier à télécharger.

Bernadète Bidaude – De sang et de lait

Bernadète Bidaude

De sang et de lait

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En partenariat avec la ville du Relecq-Kerhuon

Il est des lieux que la mémoire encercle, forçant le visiteur à se retourner sur soi, le poussant vers ces interrogations premières que l’urgence de la vie fait si souvent oublier. Elne est de ceux-là, et Bernadète Bidaude l’a arpenté en compagnie d’enfants nés à la maternité. À la rencontre des paroles, elle a longuement mûri ce récit qui n’est ni un témoignage, ni de l’histoire, ni une création poétique, ni une épopée… Et qui pourtant est un peu de tout cela à la fois.

La maternité du château d’En Bardou à Elne, près de Perpignan, fut créée par la grâce d’Elisabeth Eidenbenz pendant la période 39-45 afin de permettre à des centaines de femmes, républicaines espagnoles, Tziganes, Polonaises ou Allemandes juives, d’accoucher hors des camps et d’échapper à ceux-ci. Plus de 600 enfants sont nés là-bas. Véritable action humanitaire, un havre de paix dans un monde déchaîné. Une lumière dans le noir.

Bernadète Bidaude porte la voix d’Elisabeth et de toutes ces femmes avec sensibilité et lumière et rend hommage à cette femme extraordinaire qui sut quand il le fallut, désobéir pour sauver des vies. La force des mots, des gestes, de la voix au service de la « belle histoire », parle au cœur et à la tête, vous touche, vous emporte… Entre rires, larmes et souvenirs, quelle puissance dans son récit ! Et Bernadète qui danse, légère, aérienne, passionnée.

Ados, adultes – À partir de 14 ans – 1H15

Samedi 26 novembre à 20h30 / L’Astrolabe
Tarif : 5 € / 8 €

Réservations : 02 98 28 61 31


 Les temps qui courent… 
de Bernadète Bidaude (aux éditions du Pourquoi pas ?)

À la rencontre des paroles, des bruits, des silences, des mémoires qui peuplent Oradour-sur-Glane et la maternité d’Elne, s’en approchant et s’en éloignant tour à tour, y revenant en réalité comme en pensée ou en rêve…


« Que de croisements entre récits de vie et l’Histoire que ce lieu de résistance, de vie, d’oubli, de cultures (aussi des champs), de langues, de rencontres, de familles … Quelle navigation entre tous ces gens ! Le château d’En Bardou fût une tour de Babel au féminin ! Un phare pour éclairer nos jours et nos nuits aujourd’hui. Véritable action humanitaire, un havre de paix dans un monde déchaîné. Une lumière dans le noir.

Chère Élisabeth Eindenbenz, vous aimiez Bach. Vous aimiez les femmes. Vous n’avez eu aucun enfant. Vous que je n’ai pas connu et qui avez su si bien raccommoder d’un côté ce que le monde avait mis dans le pétrin d’un autre. Chapeau, madame, chapeau ! Comment a-t-on pu vous oublier, oublier cette histoire, notre histoire pendant plus de cinquante ans … »

Bernadète Bidaude


Extrait 1

« Chère Elisabeth,

J’ai rencontré quelques-uns de ces enfants que vous avez aidés à naître. Je suis né au château, comme ils disent tous ! La première fois que j’ai entendu ça,  je n’avais pas bien compris de quoi elle me parlait. Elle, Léa.
Nous sommes assises dans sa cuisine. Sur la table, une tasse de café pour chacune avec une montagne de petits gâteaux secs. Et juste à côté, une boite. Qu’elle caresse longuement du bout des doigts. Elle l’ouvre très doucement ; les charnières semblent usées. Dedans, j’aperçois des petites pelotes de fil rouge sang et jaune or. Et des photos. Ses mains volent de l’une à l’autre …
Plus tard, Léa dépose devant moi un petit paquet enveloppé de papier de soie. Elle l’ouvre avec mille précautions. Et en retire délicatement deux minuscules chaussons qu’elle pose précieusement au creux de sa main. « C’était les miens. Faits maison. Par ma mère. Avec un crochet et des aiguilles fabriqués avec des bouts de fil barbelé. Par mon père. Dans le camp de concentration d’Argelès. » Elle reste silencieuse, mais derrière ses yeux, elle imagine les doigts d’Alicia, les doigts de sa mère dansant au travers des fils de coton, de laine et de soie …

Coton, velours, satin et soie : elle coupe, elle brode, elle coud le récit des nuits et des jours
Popeline, rabane et mousseline : elle assemble le bâti, réinvente les lignes, apaisent les rififis
Jacquard, jersey, lin et lamé : elle faufile, elle tisse, les franges de vos rages, les luttes à ciel ouvert et les voix rassemblées
Matelassé, croisé, crêpe et dentelle … elle pique, elle dépique, les poches où, petit à petit, se glissent en secret les mots des républicaines … et des anarchistes.

Puis, elle entrelace discrètement l’ouvrage de quelques fils colorés, rouge sang et jaune or ; soit sur une couture, sur un côté, sur le col, une poche ou un ourlet. C’est sa trace catalane. Puis lorsqu’elle juge le vêtement terminé, elle signe son ouvrage à l’intérieur du vêtement en trois lettres brodées : ADM, Alicia Des Merveilles ! Et à partir de 1936, MAD ; Merde Au Dictateur ! Ensuite, elle casse le fil avec ses dents … »

Extrait 2

Reprendre le trait, réinventer les signes,
Tracer d’autres chemins autrement les crayons s’abîment …
Ravauder nos voix en un collier solidaire
Repriser nos émois nos tessons de colère
Les jours à jurer à recueillir bout à bout
Nos histoires en vrac nos mémoires en pièce ce qui subsiste en nous
Allez reviens petite vie dansante reviens dedans dehors
Allez petite vie dansante reviens dehors
Nous ferons la ronde berceuse de femmes rondes
Nous refleurirons, nous refleurirons …

Reprendre le trait, réinventer les signes,
Tracer d’autres chemins autrement les crayons s’abîment
Dessiner sur le vif à fleur de visage
Une carte du tendre pour apaiser nos rages
Les nuits sans sommeil à semer des cailloux
Des miettes de rêves des grains de folie ce qui résiste en nous
Allez reviens petite vie dansante reviens dedans dehors
Allez petite vie dansante reviens dehors
Nous ferons la ronde berceuse de femmes rondes
Nous refleurirons, nous refleurirons …

Reprendre le trait, réinventer les signes,
Tracer d’autres chemins autrement les crayons s’abîment …
Broder nos attentes d’escarbilles fraternelles
Rouler entre nos mains nos histoires sans lumière
S’étirer, se gonfler, être à nouveau debout
Pour une autre journée, une autre bataille, pour ce qui renaît en nous
Allez reviens petite vie dansante reviens dedans dehors
Allez petite vie dansante reviens dehors
Nous ferons la ronde berceuse de femmes rondes
Nous refleurirons, nous refleurirons …

« Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps d’éclore », me dit Léa en rangeant délicatement les deux minuscules chaussons devant elle. C’est un mot de Pablo Néruda, c’était le dire de ma mère, c’est le mien!


Ce qu’ils en ont dit :

Un récit-spectacle bouleversant de Bernadète Bidaude. Elle n’a pas son pareil pour raconter des histoires. Mieux, elle les sublime. […] Hier soir 23 juillet, elle a réussi à me tirer des larmes, des rires, des souvenirs ; pour moi son spectacle était une madeleine de Proust […]. La force des mots, des gestes, de la voix de Bernadète Bidaude au service de la « belle histoire » parle au cœur et à la tête, vous touche, vous emporte … Dans les murs, témoins des bonheurs, des joies mais aussi des malheurs vécus par les mères et les enfants de l’époque, Bernadète B. se livre, nous livre, une magnifique interprétation. « C’est un moment fort dans une vie, un moment dont on se souviendra toujours. »

Nicolas Garcia (ancien maire d’Elne)

Nous avons vécu en direct cette histoire- témoignage, ressenti effroi et espoir, vibré à la voix et au chant de la conteuse.

RMM

Pour ceux qui la connaissent, la manière de créer de Bernadète n’a pas changé. Elle transforme la vie en mots, les mots en vie. Les temps courent. Se souvenir et vivre. Ne pas oublier mais aller le chemin. Ni succomber à l’évocation de l’horreur, aux cauchemars sans cesse renouvelés, ni tout emmurer et se lancer dans l’insouciance comme si rien n’était arrivé. La conteuse transcende cela.

Yvette Lucas – publié par leblogcultureldyl et sur le Journal Catalan

Merci pour ces textes forts et intenses, qui prennent aux tripes et resteront dans mon cœur. Vive la liberté, la solidarité et les femmes !

Céline

Un spectacle très émouvant et plein d’espoir. Superbe.

Une fille d’anarchiste espagnol, Louise C.

Merci d’avoir porté la voix d’Elisabeth et de toutes ces femmes aussi justement, avec autant de sensibilité et de lumière. C’était magnifique.

Florence